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Brown-out : et si la perte de sens au travail était le mal du siècle ? Ce que la logothérapie nous apprend


Par Mélissa Cucco, Fondatrice de Peakissa | Facilitatrice QVCT et coach professionnelle | Mon profil LinkedIn | www.peakissa.fr

Le brown-out : j’en parle souvent dans mes ateliers.
Il y a quelques semaines, j’animais un atelier avec une équipe de managers bordelais. Au bout d’une heure, l’un d’eux a posé son stylo et dit, à voix basse :

« En fait… je ne sais plus pourquoi je fais ce métier. »

La salle s’est tue. Et j’ai vu, dans les regards autour de lui, que plusieurs pensaient exactement la même chose — sans avoir osé le dire.

Ce moment, je l’ai vécu des dizaines de fois. Et à chaque fois, il me confirme une conviction profonde : la perte de sens au travail est l’un des risques psychosociaux les plus sous-estimés de notre époque.

On l’appelle le brown-out. Et contrairement au burn-out visible, bruyant, reconnu, il s’installe en silence. Doucement. Jusqu’à ce que la lumière s’éteigne complètement.

Le brown-out, c’est quoi exactement ?

Le brown-out, littéralement « la lumière qui baisse », désigne un état de désengagement profond lié à la perte de sens au travail.

Ce n’est pas le burn-out : le collaborateur n’est pas épuisé par la surcharge. Ce n’est pas le bore-out : il n’est pas sous-stimulé.

Il travaille. Il est là. Mais il n’est plus vraiment présent. Il exécute mécaniquement, sans conviction, sans élan. Et quand vous lui demandez pourquoi il fait ce qu’il fait, il ne sait plus vraiment quoi répondre.

C’est précisément ce « ne plus savoir pourquoi » qui est au cœur du brown-out. Et c’est exactement ce que la logothérapie nous aide à comprendre et à résoudre.


Ce que Viktor Frankl nous apprend sur le sens au travail

Viktor Frankl était psychiatre, philosophe et survivant des camps de concentration nazis. De cette expérience extrême, il a tiré une conviction fondamentale qu’il a développée dans sa théorie : la logothérapie.

Son postulat est simple et révolutionnaire :

« L’être humain peut supporter n’importe quel comment s’il a un pourquoi. »

Autrement dit : ce n’est pas la difficulté du travail qui épuise, c’est l’absence de sens qu’on lui donne.

Frankl identifie trois sources de sens dans la vie humaine. Les valeurs de création, c’est-à-dire ce qu’on apporte au monde par son travail. Les valeurs d’expérience, ce qu’on reçoit à travers les relations, la beauté, la connexion. Et les valeurs d’attitude, la façon dont on fait face aux épreuves.

Ce cadre, je l’utilise au quotidien dans mes ateliers avec les équipes bordelaises. Parce qu’il permet de nommer quelque chose que beaucoup ressentent sans pouvoir l’exprimer : le travail n’a de valeur que si on sait à quoi il sert, pour soi, pour les autres, pour quelque chose de plus grand que soi.


Pourquoi le brown-out est-il si difficile à repérer ?

Parce que le collaborateur en brown-out ne se plaint pas. Il fait ce qu’on lui demande. Il répond aux emails. Il assiste aux réunions.

Mais quelque chose a changé. Les signaux sont subtils. Plus d’initiatives, plus de propositions. Une exécution mécanique des tâches. Un retrait progressif des discussions collectives. Un cynisme croissant, des commentaires désabusés. Une réponse courte et évasive quand on lui demande comment il va. Et surtout cette impression diffuse qu’il « fait son travail » sans plus y croire vraiment.

Dans mon travail d’accompagnement, j’ai appris à lire ces signaux. Pas pour diagnostiquer, je ne suis pas médecin, mais pour ouvrir l’espace de parole au bon moment. Avant que la lumière s’éteigne complètement.


Ce que je propose : redonner du sens avec la logothérapie

C’est à partir de ce constat que j’ai construit le premier atelier de mon programme Sens & Performance : « Pourquoi je me lève le matin ? »

L’idée est simple : avant de changer les pratiques managériales, il faut comprendre ce qui donne ou retire du sens à chacun. Parce qu’on ne peut pas motiver une équipe sans savoir ce qui l’anime individuellement.

Concrètement, dans cet atelier, je guide les participants à travers trois étapes.

1. Identifier ses ancres de sens Qu’est-ce qui me donne de l’énergie dans mon travail ? Qu’est-ce qui me semble inutile ou incohérent ? Quel impact j’ai, ou voudrais avoir, sur les autres ?

2. Cartographier collectivement En sous-groupes, les participants partagent leurs réponses et font émerger les sources de sens communes et les freins partagés. Ce moment de mise en commun est souvent le plus puissant de l’atelier. Les gens se découvrent, se reconnaissent, se comprennent autrement.

3. S’engager concrètement Chaque participant repart avec un plan d’action personnel : une chose à renforcer, une chose à questionner, un engagement pour le mois suivant.

Ce n’est pas de la théorie. C’est du concret, ancré dans la réalité de l’équipe et dans la conviction que le sens ne se trouve pas, il se construit.


Mon intime conviction

J’ai passé 10 ans à travailler auprès de personnes en situation de grande vulnérabilité. Et ce que j’ai appris là, avant n’importe quelle formation, c’est que l’être humain peut traverser des situations extraordinairement difficiles à condition de savoir pourquoi il le fait.

Cette conviction, je la porte dans chaque atelier. Dans chaque accompagnement individuel. Dans chaque conversation avec un manager qui me dit, en aparté : « Je ne sais plus vraiment pourquoi je fais ce métier. »

Le brown-out n’est pas une fatalité. Ce n’est pas non plus un problème de motivation ou de volonté. C’est un signal, fort et précieux, qui dit : « Quelque chose s’est déconnecté entre qui je suis et ce que je fais. »

Et ça, ça se travaille. Ensemble.


Et vous : votre équipe sait encore pourquoi elle se lève le matin ?

Si vous avez lu cet article jusqu’ici, c’est probablement que quelque chose résonne. Peut-être reconnaissez-vous un collaborateur dans ce que je décris. Peut-être vous reconnaissez-vous vous-même.

Dans les deux cas, la première étape est simple : en parler.

Je propose un premier échange de 30 minutes, gratuit et sans engagement, pour comprendre votre situation et voir si mon approche peut vous aider.

Parce que mieux se comprendre, c’est mieux coopérer.

Prenons 30 minutes ensemble → Contact


Melissa Cucco est fondatrice de Peakissa, organisme de facilitation QVCT basé à Bordeaux. Elle accompagne les PME et leurs équipes à retrouver du sens au travail, renforcer l’engagement et prévenir les risques psychosociaux avec des outils ancrés dans la logothérapie, l’analyse transactionnelle, la CNV et le théâtre d’improvisation.

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